«

»

Biarritz : Manifestation du 05/11/2012

Hier, une trentaine de camions de forains mécontents a défilé en centre-ville tandis qu’en coulisses, des négociations aboutissaient finalement à un compromis.

Ils l’avaient promis. Ils l’ont fait. Entre klaxons et embouteillages, une joyeuse pagaille a gagné le cœur de Biarritz hier matin lors de l’opération escargot des forains en colère. Sur les pare-chocs de leurs poids lourds, des banderoles rappelaient leurs revendications : « Touche pas à ma fête ! », « Les forains, des commerçants comme les autres. »En cause, l’annulation de la traditionnelle fête foraine qui se déroule chaque année sur le parking de l’hippodrome des Fleurs dans le cadre de la Saint-Martin (lire notre édition de vendredi). L’emplacement est actuellement occupé par les commerçants et clients des halles provisoires Kennedy. Et aucun accord n’avait pu être trouvé sur un lieu de substitution.

 

36 camions en boucle

« Mais pourquoi ne pas nous installer ailleurs ? », hurlait donc hier matin Thierry Bruch depuis la fenêtre de son poids lourd. À la tête du convoi, composé de plus d’une trentaine de camions, le forain a plutôt bien fait passer le message. Il faut dire qu’il a sorti l’artillerie lourde. Les forains habitués des fêtes de Biarritz, mais aussi les copains et la famille, tous étaient au rendez-vous : 36 camions au total, roulant au pas. « Certains sont venus de Pau et de Bordeaux et c’est pas fini ! », menaçait Thierry Bruch.

Pour tous, les mêmes inquiétudes et les mêmes revendications : « C’est un scandale ! Il a fallu attendre quatre mois pour obtenir un rendez-vous avec le maire qui ne nous a même pas prévenus de l’annulation de la fête foraine. Nous l’avons appris en allant boire un café aux halles, affirmait Tony Couget, forain. C’est incorrect, on nous sucre cette fête mais il faut savoir qu’on ne touche pas le chômage, les conséquences financières sont lourdes et nous avons des familles à nourrir. »

Coincée en sandwich entre deux camions, au volant de sa voiture, Michelle Sardigne profitait plutôt sereinement du spectacle… pas vraiment moyen de s’échapper. Mais cette Biarrotte, maman de deux jeunes bambins, s’est vite sentie concernée par l’affaire : « Attention, il faut bien se rendre compte du drame que je suis en train de vivre, confiait-elle le sourire aux lèvres. L’annulation de la fête foraine pour mes deux enfants, c’est une véritable catastrophe ! »

À la Négresse, certains conducteurs ont perdu patience dans les bouchons. Mais dans l’ensemble, les Biarrots soutenaient les forains ou se contentaient de regarder perplexes le manège des poids lourds escortés par les motards de la police et trois fourgons de CRS. Les camions ont tourné en boucle : la Négresse, la Gare du midi, la mairie, le rond-point de l’Europe. Et ainsi de suite, pendant plusieurs heures.

 

Un week-end de sauvé

Pendant ce temps en coulisses, des négociations serrées étaient menées. Le préfet lui-même intervenait. Et à midi, coup de théâtre : le maire Didier Borotra lâchait du lest et proposait un compromis. « Il a enfin accepté de nous rencontrer, relatait Thierry Bruch. Les négociations n’ont pas été faciles mais il a finalement accepté de nous prêter gratuitement un terrain à côté de l’ancien karting et de l’Atabal. Mais seulement pour ce week-end vendredi, samedi et dimanche. »

Une petite victoire dont les forains se contentent aujourd’hui même s’ils espéraient mieux. « Le maire a pris une bonne décision, il a rectifié une situation qui aurait pu dégénérer, explique Me Claude Garcia, avocat des forains. Nous étions prêts à saisir le tribunal administratif de Pau pour violation de la liberté du commerce et de l’industrie. »

Finalement, Biarritz a eu chaud car aujourd’hui et demain, 23 camions de plus étaient attendus. « Nous ne sommes pas complètement satisfaits mais nous mettons fin aux actions, les renforts ont fait demi-tour. » Thierry Bruch lance pourtant un dernier appel : « Rien n’empêche les commerçants biarrots de nous soutenir pour prolonger ces fêtes. Nous serions ravis de mettre en place des promotions et des partenariats avec eux. » À bon entendeur.

biarritz

Laisser un commentaire